PAULA

Acrylique sur toile

36x30 pouces

 

Paula Modersohn-Becker (1876 – 1907) est une peintre allemande et l’une des pionnières du mouvement expressionniste. Née dans une famille de la classe moyenne, 3e enfant sur sept, elle reçut une éducation de qualité laissant une large part à l’art et à la culture.

 

Au début de la vingtaine, Paula s’inscrit à l’Académie des Arts pour les femmes de Berlin, puis elle suit une formation à Worpswede où se trouve une communauté d’artistes peignant à l’extérieur, proches de la nature. Elle y rencontre le peintre Otto Modersohn, qui deviendra son époux. Mais son style audacieux, simplifiant les formes et les couleurs se différencie trop de l’art qui y est pratiqué. N’y trouvant pas son compte, elle décide de partir pour Paris.

 

Dès son arrivée, elle comprend qu’elle est au bon endroit. Elle fréquente l’Académie Colarossi (rare école où les femmes peuvent dessiner des nus d’après des modèles vivants). Elle suit les cours d’anatomie à l’École des beaux Arts et fréquente assidûment les musées et galeries d’art. Elle est aussi profondément marquée par la peinture de Cézanne, encore inconnu, et s’intéresse à l’art africain, cher aux premiers cubistes. Sa situation financière précaire la contraint à retourner en Allemagne. Elle s’y marie avec Modersohn qui, convaincu de son talent et de son exceptionnelle créativité, l’encourage à poursuivre dans son art.Mais le mariage rend Paula malheureuse. Lui aime la tranquillité de la campagne, et elle la fébrilité de la ville et, surtout, l’art moderne français. Elle prend donc ses distances avec Otto, retourne à Paris plusieurs fois pour s’inspirer et développer un art pur, sensible, plus proche d’elle. Elle explore des formes de plus en plus schématisées, surtout des corps de femme. Elle se représente nue, à plusieurs reprises, enceinte même, en 1906, alors qu’elle ne l’est pas. Des autoportraits sans complaisance, des nus novateurs.

 

Pendant tout ce temps, Otto subvient, de loin, à ses besoins financiers, malgré le fossé qui s’est creusé entre eux. Il n’arrive plus à comprendre l’art de sa femme, à la limite du fauvisme. Il la rejoint à Paris, puis ils décident de rentrer à Worpswede. Elle est alors enceinte, mais mourra, en 1907, des suites de son accouchement difficile en mettant au monde sa fille. Elle n’avait que 31 ans.Elle laissait une production artistique variée et prolifique de 750 tableaux, plus de 1000 dessins, et des estampes. Elle ne vendra que trois œuvres de son vivant.

 

En 1927, vingt ans après sa disparition, le musée Paula Modersohn-Becker ouvrit ses portes à Brême, le premier au monde dédié à une femme artiste.Ses œuvres entrèrent après sa mort dans les collections publiques du pays. Mais quelques années plus tard, lorsque les nazis arrivèrent au pouvoir, beaucoup partirent dans des collections privées à l’étranger ou bien furent détruites, jugées «dégénérées».
 

Texte écrit par Mélanie Lefebvre, peintre, avec la précieuse collaboration de Liliane Blanc, historienne, auteure de quatre livres sur les créatrices dont Elles sont libres comme l'art paru en 2019.

Paula

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